Cafouillage à l’aéroport de Lomé : l’accès est interdit aux voyageurs qui arrivent à pieds pour le départ

Depuis quelques jours, une nouvelle mesure qui faisait l’objet de grandes rumeurs, est mise en application, sans aucun avertissement, ni sur les supports de communication de l’Aéroport International Gnassingbé Eyadema de Lomé qui se revendique aux normes internationales. L’accès piétons est depuis quelques temps interdit aux voyageurs. Si vous n’avez pas un véhicule pour vous transporter à l’intérieur de l’aéroport, on vous signifie simplement au poste de contrôle de rebrousser chemin ; car, l’accès n’est possible qu’en voiture, au niveau de l’entrée ouverte vers l’ancienne aérogare.

Dans un article posté sur le site de la Société Aéroportuaire de Lomé-Tokoin (SALT) en date du 07 octobre 2021, on peut lire : conditions d’accès à l’Aéroport International Gnassingbé Eyadema (AIGE). Entre autres conditions imposées : la présentation d’un passeport COVID ou d’un test PCR négatif datant de moins de 72 heures. Nulle part, il n’est précisé que l’accès à l’aéroport n’est ouvert qu’aux voyageurs disposant d’une voiture ou capables de se payer un taxi (dont le chauffeur doit disposer d’un passeport vaccinal Covid-19 ou d’un test PCR valide de 72 heures).

A l’heure où nous écrivons ces lignes, des voyageurs se sont heurtés à un mur d’agents à l’entrée piétons, qui exigent selon les ordres reçus de leur hiérarchie, que les voyageurs qui arrivent à pieds se paient un taxi à l’entrée de l’aéroport pour se faire conduire dans l’enceinte. « Nous avons fait le test, et le chauffeur nous a pris 2000 F CFA de l’entrée de l’aéroport, à l’enceinte dudit édifice », râle Marcelle.

« J’ai été appelée par ma fille qui avait un excédent de bagages. N’ayant pas réussi à négocier un bon prix avec la compagnie aérienne, elle m’a appelé pour récupérer le surplus des bagages», relate SIKA, la cinquantaine (nom d’emprunt). « Elle m’a précisé que c’est un sac de rien qu’elle a laissé avec une connaissance à l’entrée de l’aéroport puisque l’accès au hall des départs est interdit aux non-voyageurs », poursuit SIKA qui fulminait de mécontentement avec nous à l’entrée de l’aéroport. La dame avait demandé à son jeune fils de l’emmener prendre le petit sac en surplus de sa fille qui voyage, avec la moto puisque le chauffeur du véhicule qui les avait amenés plus tôt était déjà hors de la ville, pour une course. SIKA ne savait pas qu’on ne peut plus accéder à l’aéroport de Lomé à pieds. Comme nous, elle a dû se payer un taxi à 2000 F CFA, de la porte à l’intérieur de l’aéroport de Lomé.

Des infrastructures défectueuses à l’origine d’une mesure controversée

Si les agents feignent de ne rien savoir des causes de cette mesure controversée, ceux qui ont l’habitude du lieu savent que le scanner à l’entrée de l’aéroport est en panne depuis plusieurs mois. Alors, les valises qui viennent de là ne peuvent être testées. Cela représente une vraie passoire en termes de sécurité de l’aéroport.

Plus loin, l’escalier roulant est en panne et ce, depuis plusieurs semaines également. Ceux qui arrivent avec des valises bien bourrées à pieds, sont obligés de les transporter pour grimper les escaliers avant d’accéder au hall d’embarquement. Cette situation a fait transpirer bien de voyageurs qui n’ont de cesse d’insulter et de se demander de quel aéroport aux normes internationales parle-t-on à longueur de journées.

En plus de tout, le stress lié au protocole des mesures barrières imposées par la pandémie de Covid-19, les voyageurs au départ du Togo n’en sont donc pas à bout de leur surprise. Inaugurée en avril 2016 pour un investissement de 75 milliards de F CFA, cinq ans plus tard, les infrastructures questionnent l’investissement indiqué. De mémoire, un média d’investigation avait été mis au lynchage pour avoir critiqué la qualité des infrastructures dans une analyse de ‘’rapport qualité prix’’. Faut-il dire que les faits parlent d’eux-mêmes aujourd’hui ? Bien assurément, le temps, c’est l’autre nom de Dieu, dira-t-on.

Même si ses aérodromes ont obtenu une certification et jugés conformes aux standards internationaux par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), l’on ne saurait se convaincre de la même efficacité pour les autres infrastructures dédiées aux usagers, notamment le contribuable togolais saigné à travers impôts et taxes au départ de cet aéroport, qui semble dorénavant dire : ‘’l’aéroport, ce n’est pas pour ceux qui n’ont pas de voitures’’.

Jusqu’à la journée du mardi 09 novembre où nous écrivons ces lignes, vous ne pourrez accéder à l’aéroport AIGE de Lomé en tant que voyageur, à pieds. Que vous ayez une valise ou non, vous devez obligatoirement recourir à un taxi si vous n’avez pas de véhicule.

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