Assurance Maladie Universelle (AMU) : les syndicats pas totalement d’accord

Depuis le début de l’année 2024, le Togo s’est engagé résolument dans la mise en place de l’Assurance Maladie Universelle (AMU). Cependant, la réussite de ce projet ambitieux repose en grande partie sur l’implication des acteurs clés, à savoir les professionnels de la santé. Lors de sa rentrée syndicale 2024, le Collectif des syndicats de la santé a émis des réserves sur le projet AMU, appelant à une remise en question des agents de santé et exhortant le gouvernement à répondre à leurs revendications.

La rentrée syndicale a constitué une tribune pour discuter des défis liés à la politique sanitaire au Togo, en mettant l’accent sur la mise en œuvre de l’AMU. Sous le thème “Quels agents de santé pour une AMU réussie ?”, les praticiens hospitaliers ont évalué les recommandations du Groupe de Travail 2018, discuté des enjeux de l’année 2024 et envisagé l’avenir.

Les discussions ont principalement porté sur l’importance d’offrir un accueil de qualité aux patients et de lutter vigoureusement contre les pratiques néfastes au sein des hôpitaux togolais.

Le Collectif des syndicats de la santé, regroupant SYNPHOT, SYLASTO, SYNSAFETO, SYNPERSANTO, SYNPAGES, SYNAPRETO et SYNAM, souligne que la réussite de l’AMU dépend fortement du professionnalisme des agents de santé. Dr Gilbert Tsolenyanu, porte-parole des syndicats, a souligné la nécessité d’une introspection face aux critiques, notamment en ce qui concerne l’accueil des patients et certaines pratiques peu orthodoxes.

Il a spécifiquement mentionné des comportements tels que la manipulation de téléphones portables pendant le service et la vente illicite de médicaments, soulignant que de telles pratiques peuvent compromettre les efforts du personnel soignant dans leur ensemble.

Les revendications des syndicats de la santé sont multiples. Ils réclament une revalorisation de la prime de risque et contagion d’au moins 50 000 FCFA pour chaque catégorie de personnel de santé, ainsi que la mise en œuvre des mesures promises concernant la fonction publique hospitalière depuis le Groupe de Travail de 2018.

D’autres demandes comprennent la proclamation des résultats du concours de recrutement d’agents de santé de juin 2023 et l’organisation d’un nouveau concours pour 2024. Les syndicats exigent également des clarifications sur la situation des agents émargeant sur les budgets autonomes déjà assurés à l’INAM.

En outre, ils demandent l’exemption du personnel de santé du paiement du ticket modérateur dans le cadre de l’AMU. Ces revendications, selon Kougbessa Sarakawa-Abalo, visent à améliorer les conditions de vie et de travail des agents de santé.

Des assemblées générales synchronisées sont prévues dans tous les hôpitaux, suivies d’une grande assemblée générale le 21 février pour assurer le suivi, s’assurer du retour du ministre de la santé, et faire le point sur la syndicalisation dans le secteur.

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